COUCKéROCH
Bric-à-Vrac COUCKE
Bric-à-Vrac ROCH



 
 

A l'atelier, 2001 (clip vidéo)
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Fabrice, Alexandre, Damien, Teresita, Samey... Ils sont venus ce jour-là faire un reportage sur l'atelier pour le premier site. Le clip monté à cette occasion a été présenté en borne informatique dans le Cloître des Billettes(voir Historique) 


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Voyage en Belgique, 2004 (Clip vidéo)
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Liège, la Meuse et sa mémoire, le regard de Tchanchez, la pierreuse et l'évéché, surréaliste et brûlante, les Gilles de la ducasse, la maison de Van Gogh, le borinage, Mons...tant de coeur pour l'Outremeuse... 


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Voyage en Espagne, 2005 (Clip vidéo)
10

 
Barcelone, des oliviers impressionnistes, une lanterne bleue dans un village d'ocre: quelques images de bonheur pour la Costa Brava... 


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Sur COUCKéROCH...

COUCKéROCH, 11


 
Pensée de ROCH (2006). Photo de COUCKE et ROCH (1998) /td>
Les tableaux de Coucke racontent des histoires. Les tableaux de Roch racontent une histoire. Les tableaux Couckéroch ont trop d'histoires pour en avoir une.  

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Exposition de Servières le Château, 2001
Texte de présentation.
Voir la vidéo de l'exposition dans l'Historique

COUCKéROCH, 12


 
L'Hermaphrodite, sculpture en
béton cellulaire (H 1,70m) de COUCKE.
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COUCKE et ROCH sont deux artistes qui peignent depuis 5 ans dans le même atelier.
Le résultat pictural est cependant tellement différent:

- ROCH peint en ressenti immédiat. Il est un expressionniste de l’instant au travers d’une empathie affectueuse et parfois savoureuse de ses personnages. Cette série de tableaux en noir et blanc en renforce l’impression presque photographique.

- COUCKE peint en distance du monde: elle est en représentation graphique. Elle est une expressionniste de la stratification des immédiats: il existe souvent une histoire dans ses tableaux, histoire sortie du temps donc sans repères. Il s’agit souvent d’une accumulation d’objets représentés symboliquement avec des personnages qui interagissent chacun suivant sa propre logique, ce qui a pour effet évident de provoquer une cascade de conséquences que le spectateur peut éventuellement compléter et dont l’issue projetée est souvent irrémédiable et bouclée. (1)

Cinq ans après leur rencontre, il est évident que chaque travail est personnel et, malgré la nécessité de peindre l’un avec l’autre, il n’existe en dehors de leur estime réciproque, de la lecture immédiate du travail de l’autre, et de leurs débats passionnés, aucune influence de la peinture de l’un sur la peinture de l’autre.

Une installation de l’atelier COUCKE-ROCH dans le chœur de la Chapelle de Servières.

Un tableau central sur chevalet figure, sous les habits d’un moine sans visage, vague et terrifiant inquisiteur, les repères moraux et sociologiques de l’humanité.
Tout autour du chœur, des personnages sont (un personnage par tableau), jetés comme des cartes à jouer sur une toile cirée. Et comme chacun dans sa vie a reçu sa propre carte d’un jeu social plus vaste, chaque personnage vit sa vie. Chacun des tableaux est un moment capté de leur existence: mais à aucun de ces moments précis, ces personnages n’ont une conscience présente de ce rapport hiérarchique et organisateur qu’ils entretiennent sans questionnement existentiel avec le moine. Ils sont simplement, humblement eux-mêmes dans leurs occupations, dans leurs soucis, parfois dans leur solitude, souvent dans leur très simple beauté humaine.(2). Ainsi, les tableaux (qui pourraient tous être accrochés à hauteur du regard et être regardés isolément) sont placés volontairement au sol, tous sur le même plan, recevant de ce plan l’appui nécessaire de leur corps vivant, et l’énergie tellurique qui irradie dans la voûte de la chapelle.

Ces tableaux de ROCH sont explosés par la puissance de la statue de COUCKE. Cette statue, qui pourrait représenter l’humanité entière (elle est hermaphrodite), est en état de sidération dramatique intense. Sa terreur est provoquée par la découverte qu’elle est en train de faire de l’inexistence et de la soumission de tous ces êtres humains-trop humains, heureux finalement de leurs autonomies fallacieuses. Sans plus de sur-moi, elle ressent la lourdeur ce cette chaîne qui n’est fixée à rien et qui représente par son poids et son inutilité, la terrifiante responsabilité et la culpabilité d’être libre mais SEULE.(3)


1-Voir le Radeau de la Méduse et Noyades
2-COUCKE, en parallèle, mais avec un humour corrosif de second degré, peint le Roi de la Jungle, ce Lion règnant sur sa forêt réduite à un arbre minuscule. Supprimez l’arbre, qui est-il?
3-Ce même thème est développé dans le tableau l‘Entéléchie situé au dessus de la porte d’entrée ainsi que dans le tableau l’Homme qui était mort (Le Christ, appelé à ressusciter, s’interroge très angoissé, partagé entre la peur de revenir au monde des hommes qui l’ont tant fait souffrir et la pulsion de vie, cette jouissance à voir ce coq rutilant, cette douce femme qui porte le lait…, ces fleurs qui croissent de façon incoercible sur le bois mort de sa croix). 

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Seule dans la nuit, 2002
COUCKéROCH, 2


 
Texte de Coucke sur ce tableau de Roch /td>
Tout est calme.
Pas un oiseau.
Pas un bruit.

Il y a le noir du ciel et le noir du macadam.
Il y a le passage à niveau.
La barrière est fermée et ne grincera pas.
Les trains sont immobiles, poussiéreux, amputés de leurs locomotives, comme des chenilles monstrueuses que la rouille mord à peine.
La rouille va si vite mais les wagons sont si lourds, il faudrait mille vies d’hommes pour qu’ils tombent en poussière.
Les locomotives ont rejoint quelque gare de quelque ailleurs et ne reviendront pas.
Rien ne bouge.
Tout s’est arrêté.

Ne te retourne pas : c’est la même barrière, les mêmes trains, le même silence, et tout au long du chemin la nuit du labyrinthe.

Mais elle n’entend pas.
Debout dans le noir, immobile dans son histoire, elle est sa vie.

Un cœur qui bat. 

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Un p'tit coin de paradis,2000
COUCKéROCH, 3


 
Texte écrit par ROCH pour ce tableau de COUCKE offert
à un ami commun.
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A B., notre ami,

Imagine vivre dix ans dans une cellule, seul homme au milieu d’une dizaine de femmes. Tu ne peux donc dominer. Laisse dès lors, sans culpabilisation, tes devoirs-paraître de côté.
Imagine que chacune de ces femmes bousculant les autres, chacune pour elle-même, soit proie de sa propre pulsion sexuelle, que ces circonstances font (en raison de leur nombre) que tu n’existes plus, ni même par ton désir négligé, mais par rapport à cette force à assouvir. Que tu sois alors un objet. Que dès lors que tu seras ignoré, sans leur tendresse, utilisé à leur seule fin, il n’y ait plus aucun doute sur leur sincérité.
Aucun doute ENFIN, sur l‘unité à cet instant précis de cet animal qui te chevauche, de ses yeux qui dirigent son cerveau à sa croupe fendue. Imagine alors que tu pressentes, au plus près, quelque chose de plus vrai que le Dieu compliqué, quelque chose que tu touches, quelque chose qui serait une contemplation de toi enfin, comme dans une glace. Toi et la Femme sans toi.

Et si, quand bien même cette situation, quand tu leur aurais tout abandonné, ce que tu t’es imaginé pouvoir toucher ne corresponde pas à leur réalité!

Cette femme du tableau dont tu vois le collier - de femme-chienne a besoin d’une laisse. Elle a besoin aussi, et SIMPLEMENT, que son compagnon porte un collier. Elle lui a, par amour, torchonné le museau avec le sien et c’est ce sale amour à elle qui est cette laisse. Imagine qu’il faille toujours un parapluie au dessus du couple, même s’il fait grand soleil et que toute notre vie, notre vie à nous, se réduise à surveiller l’état du parapluie - sauf la tendresse…

Ce n’est pas ton tableau, celui que tu VEUX voir ?

Mais qu’alors la crapaude, qui s’est signifiée écrasée, guérisse et, qu’étant réparée elle croasse de nouveau le long de la route, sous le grand soleil ignoré, à l’ombre d’un improbable parapluie. 

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Amitié, 1999
COUCKéROCH, 30


 
Texte de COUCKE accompagnant
ce tableau de ROCH offert à un
ami commun.
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Le 24 décembre 1999

Tu m’ouvres les yeux sur un matin gris, puis, toujours pressé, toujours en état d’urgence, toujours toi, tu me les ouvres de nouveau sur la palette nouvelle de ton dernier tableau. Il représente l’Amitié, me dis tu. Il est pour B. Tu me demandes d’y joindre un texte. Tu me demandes de dire en quelques mots le non-dit que je t’ai vu construire, comme je te vois construire tous tes tableaux, et que ces mots restent indissociables de ton œuvre… Alors cette Amitié née de la paume de tes mains et de ta truelle - puisque c’est ainsi que tu l’as peinte - renaît soudain d’elle-même, et ces mots que tu me demandes d’écrire ne peuvent s'adresser ni au peintre, ni au destinataire, mais au non-dit.

Je t’ai vu au fil des jours et du destin inéluctable peindre les images les plus récentes de ton histoire, parfois prémonitoires, parfois en reflet des instants qui ne s’effacent pas, toujours l’horreur et la solitude immédiates, l’insupportable. Puis ce tableau, l’Amitié. Une cafetière monumentale, bleue comme un ciel d’été, plus bleue, plus vraie encore de porter sur ses flancs le noir du chagrin qui demeure, plus simple encore de ne pas cacher ni dire cette grisaille brûlée qui se prolonge, plus belle de se laisser deviner, avec sa permanence, sa sérénité, inébranlable sous les mains qui ont pu la noircir librement de leur deuil sans l’altérer.

Je sais que tu peins les tableaux sans les voir, sans les diriger. Tu n’as pas eu le temps de découvrir cette toute dernière toile que tu veux offrir à B. Je sais que tu crains qu’elle ne plaise pas, tu me demandes de la regarder pour toi. Mais je sais aussi ce que tu ne devines pas: que B verra tout de suite ce bleu qui déborde sur un sol fleuri d’accessible, ce prénom symbole que la main de ton enfance a écrit dans un petit nuage de lumière, à l’endroit précis où la chaleur du café réchauffe les doigts engourdis par l’hiver. Je sais qu’il verra comme moi ce rouge qui n’est alors plus de peur ni de violence mais de baies de Noël, de braises, de cœur ou de coquelicots. Je sais qu’il verra l’étoile esquissée sur le deuxième bec verseur de cette cafetière qui n’a pas d’âge, symbole du bonjour toujours renouvelé, du petit matin, de la vigilance, du partage et de la certitude. Je suis du Nord et le café ronronnant en permanence sur le coin du fourneau me dicte toute solitude impossible. Mais il n’est pas nécessaire d’être Chti pour savoir que ce tableau n’est pas un cadeau. C‘est ton présent. Tu y es - bien sûr - cette tasse, noire, calcinée. Mais regarde. Elle est tellement liée, tellement acceptée que le bleu et la lumière s’y lisent en transparence. Qui est qui dans ce tableau de Noël ? Deux becs verseurs, une tasse incertaine entourée de certitude, des étoiles sur la table, des cendres partagées, une main qui revit timide, qui caresse sans prendre, ce bleu si bleu de la pérennité, mais si gai aussi de la gorge de ce petit oiseau qui a su t’émouvoir, ce rouge si lourd de la vie qui te cerne, cette enfance qui offre inconsciemment la magie de son prénom et se réchauffe dans la chaleur offerte…?

Puisse ce tableau vivre mille ans. Sans doute est-il l’Amitié, cette amitié virile, monumentale, qui se rit des années et résiste aux instants, ce non-dit que seuls des mots cachés peuvent dépeindre sans le dénaturer, simplicité sans calcul ni contrainte, mémoire nourrie au fil du temps…
Seule vérité peut-être. 

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De la légalité...
COUCKéROCH, 4


 
Tableau de COUCKE /td>



Heures des marées, heures légales… (Inscription relevée par Roch sur un dépliant officiel lors d'un WE en bord de mer) 

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De l'imaginaire...
COUCKéROCH, 4


 
Délire gastronomique de ROCH illustré par COUCKE /td>



Je ne mange pas les crevettes grises car elles ont les pieds sales. 

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Du temps qui passe...
COUCKéROCH, 4


 
Idée de ROCH, tableau de COUCKE /td>



Brûler un cierge à St Antoine pour retrouver le temps perdu. 

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Solitudes
COUCKéROCH, 4


 
Commentaire de ROCH sur L'Albatros (COUCKE) /td>



Ce tableau m’évoque Gauguin, parce qu’il peignit dans les îles des femmes, non pour ce qu’elles sont mais pour la peinture. Conjonction des solitudes. 

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